samedi, décembre 16, 2006

La vie dématérialisée de Louis XVIII

watchDans la maison qui appartenait à mon grand-père, il y a un très beau livre, La vie de Louis XVIII, par Alphonse de Beauchamps. Sa couverture est en cuir, elle tient bon depuis 1828. Son papier est d'un blanc immaculé, et ses caractères, finement ciselés, permettent la meilleure des lectures. 178 ans qu'il tourne, sans changement de batterie. Il est parti pour 1000 ans, minimum. Et il est beau au point que l'on pourrait douter de l'intérêt du papier électronique. Le seul problème, c'est qu'un tel livre est au mieux subjectif, au pire bourré d'erreurs, sans même que l'on puisse savoir lesquelles et où. Heureusement il y a l'Internet, et bientôt le papier électronique à révision permanente. Reste juste à régler la délicate question du comité de lecture et de révision, mais on devrait trouver, non?

4 commentaires:

Jean-Christophe Courte a dit…

Surtout pas, Bruno…! Je vois les soucis de Wikipedia, les enguelades entre experts (ou supposés experts…). Le gros avantage du livre est qu'il fait office de juge de paix, un instantané à un moment "t"… Comme un CD-Rom non reinscriptible en cas de conflit entre l'imprimeur et le graphiste…! C'est la version à cette instant…

Merci de me fournir (encore !) un argument de plus pour le livre…!!!
Le livre est en marqueur, un témoin… C'est grâce à des éditions comme le livre de ton grand-père que l'on peut mesurer les avancées, les erreurs (justement…) d'une époque…

Sans oublier les dérives possibles de tous ceux qui aiment réécrire (à leur avantage) l'histoire et qui la réécriraient sans cesse pour mieux la gauchir…!

Je t'embrasse…!
JC

Bruno Rives a dit…

En fait, je commence à comprendre, et tu vas voir que nous sommes d'accord.
Tu parles, toi, de livre électronique, issu de l'informatique (Internet, PC, etc.), et tu as peut-être raison, quoique. Il faudrait y passer un peu de temps pour en comprendre les tenants et aboutissants.
Moi, je parle de l'évolution du papier, initiée depuis une trentaine d'année, afin de le rendre réinscriptible, communicant, et résistant à l'eau. Ce nouveau type de papier peut profiter de l'Internet, par exemple, mais pas obligatoirement. Il peut sortir d'une imprimante telle celle qu'Epson finit de mettre au point, son contenu peut être "transféré" à une autre feuille par des copieurs Xerox d'un nouveau genre. Son affichage tient sans électricité, et plus longtemps que le papier traditionnel en période de pluie en Inde! C'est la première grande évolution du papier depuis -321. J'insiste, je la crois irréversible. On peut la regretter, comme l'abandon du burin et du marbre, quoiqu'encore utilisés pour les pierres tombales, mais c'est à peu près tout.
Alors, sommes-nous d'accord?
Je t'embrasse à mon tour, quoique je ne me souviens pas l'avoir jamais fait:-)

mafournier a dit…

Platon sur des tablettes d'argile, du papier ou un film plastique sera toujours Platon. L'élément discriminant est et restera toujours l'auteur. Sans auteur, point de littérature, vos débats semblent l'ignorer. Le reste est une question de pognon, même si celle-ci est masqué par le mot technologie.

Bruno Rives a dit…

Nos débats ignorent peut-être les auteurs, il faudra que j'y prenne garde, mais pas nos expérimentations ou développements, notamment avec Le Seuil ou Flammarion. Ils nous donnent des axes de réflexion fantastiques sur l'usage du papier électronique.
ps) Platon et les autres philosophes grecs avaient assez de "pognon" pour se payer des esclaves, ce qui leur laissait tout le temps pour philosopher:-)