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Bienvenue sur le Blog personnel et expérimental de Bruno Rives, fondateur de www.tebaldo.com.
Préparer les enseignes de demain, accueillir et renseigner tous les publics (atypiques, multilingues, multi culturels), observer les comportements des consommateurs ou des visiteurs des musées, des chercheurs et lecteurs des bibliothèques, voilà quelques enjeux de la robotique de nouvelle génération.
Au moment où le gouvernement français annonce le 3e plan autisme et après ¨France Robots Initatives", annoncé par le ministre du redressement productif, la robotique de nouvelle génération est le sujet des prochaines Rencontres que Tebaldo organise avec l'Agence Bug, à Paris, le 6 juin prochain. Programme et formulaire d'inscription...
"Après ceux de la connaissance et de la communication, l'univers du commerce vit une mutation fondamentale.
L'informatique a déjà transformé le back office, le web a pris une part significative des transactions, c'est désormais l'acte d'achat qui profite des nouvelles technologies et de leurs pratiques contextuelles, géo localisées, personnalisées, et en réseau, avec un dispositif de prédilection, le mobile, et bientôt aussi la smart TV."
L'article complet ici...
Depuis plus de vingt ans, le monde s'organise pour relever l'un des défis majeurs de l'humanité, le développement harmonieux de la robotique pour des applications aussi variées que la santé, l'accès et la diffusion du savoir, la conquête de l'espace, l'assistance aux personnes âgées ou en difficulté notamment lors de catastrophes naturelles, l'information sur les produits et les marques, le divertissement.
Certaines des disciplines à maîtriser sont analogues à nos domaines de connaissance, comme la parole ou l'émotion, d'autres sont à inventer comme l'ergonomie ou le langage des robots entre eux ou avec des humains.
Ces vastes champs d'exploration nécessitent des compétences multiples et un brassage de culture universel permettant de dépasser les limites des sociétés humaines et de leurs organisations. Demain, un robot français devra comprendre un homologue japonais qu'il n'a jamais rencontré.
Quelle que soit sa taille, une entreprise seule ne peut maîtriser toutes les dimensions de santé publique, juridiques, technologiques, économiques, informationnelles du développement et de la mise sur le marché de tels systèmes, ou en mesurer les impacts.
Le Japon a ainsi très tôt mis en place un réseau structuré d'industriels, de chercheurs, de juristes, d'organismes gouvernementaux et régionaux, sans lequel rien n'eut été possible. Des preuves de concept, telle celle que Lirobia développe en France, permettent aux décideurs de s'informer, d'expérimenter, et de partager l'ensemble des indicateurs d'une telle révolution.
Au moment où la France devrait annoncer son plan robotique longuement muri, de telles approches sont indispensables pour bénéficier du retour d'expérience et des compétences des meilleurs, fixer les priorités, optimiser les investissements, et identifier les bonnes filières et talents.
Pour mesurer l'impact des innovations de rupture, une bonne méthodologie repose sur des preuves de concept et des flux d'étude et de communication temps réel. C'est la base des expérimentations et labos conçus par l'observatoire Tebaldo.
Dans le domaine de la robotique de nouvelle génération et de l'intelligence ambiante (bouleversement sociétal et opportunités sans précédents), nous ne trouvions pas de plate-forme pour des non-spécialistes, à même de faire naitre les idées, de déterminer des usages, de spécifier des activités.
Suite à des rencontres formidables et à la collaboration de grands experts, nous avons décidé d'en concevoir une, prémices de futurs produits. L'ambition nécessitait d'en faire une structure dédiée. Voir aussi son blog.
En ce début d'année, quelques ruptures se précisent dans le monde du numérique:
- La smart TV arrive, provoquant des chocs frontaux éditoriaux, marketing, économiques sans précédents dans l'une des premières industries électroniques, stable depuis l'invention de la télévision. Fabricants de dispositifs, opérateurs de communication, producteurs et diffuseurs de contenus, régies publicitaires, etc., doivent revoir ou inventer de nouveaux modèles, face à de grands et petits barbares qui ont déjà pris position.
- Un pas de plus vers la fin du Web, les apps et les capteurs sont plus commodes que les navigateurs pour accéder à l'internet sur assistants personnels (consoles de poche, smart phones, tablettes rétro éclairées ou à base de papier électronique), et sur smart TV (demain en papier peint re inscriptible). Les sites web classiques deviennent optionnels. Place aux flux.
- Après une phase d'usage limité ou spectaculaire, la réalité augmentée, par des technologies avancées de reconnaissance contextuelle d'objets et l'interprétation de situations complexes, touche des marchés beaucoup plus larges et universels: le commerce, l'art, le livre, l'accès aux informations de toute nature sur les lieux et les produits. Ainsi la stratégie de fond de l'établissement du lien réel virtuel s'étend, imposant aux entreprises et aux organisations de revisiter les éléments fondamentaux de leur marque.
- Le papier électronique croit en taille, en flexibilité, en possibilité d'annotation et de travail collaboratif. Après la petite étiquette et le livre à l'état brut, c'est à la fois le monde global de l'imprimé (documentation technique et scientifique, signalétique, etc.), et celui des petits écrans plus légers et lisibles (montre, téléphone), qui vont être impactés.
- La robotique de nouvelle génération et l'intelligence ambiante, au cœur du numérique de demain, sont les bases d'innombrables usages allant de l'industrie à l'assistance personnelle et la médiation, apportant au passage des outils fantastiques pour les empêchés et les atypiques que nous sommes tous à un moment ou à un autre. 2013 voit l'émergence de nouveaux modèles combinant des approches trans disciplinaires.
Les assistants personnels (consoles de poche, smart phones, tablettes rétro éclairées ou à base de papier électronique), précipitent la fin du web et permettent l'émergence de nouveaux modèles économiques, marketing, techniques, et éditoriaux.
La TV haute définition, connectée (aujourd'hui classique, demain en papier peint re inscriptible), est indissociable de ce mouvement. Elle va devenir une pièce maitresse à la maison et dans les lieux publics, comme dispositif d'affichage et d'interaction à plusieurs, révolutionnant au passage l'écran devant lequel se tenaient, passifs, les téléspectateurs et visiteurs.
Dans cette mouvance, bon nombre de constructeurs tentent d'encapsuler les contenus et les applications dans les navigateurs Internet, avec les contraintes du web. Mais les interfaces sont incohérentes, quelquefois incompatibles (commande-S provoque-t-il la sauvegarde du doc contenu dans un message? du message? de la page Internet de messagerie?).
Pire. Dans un contexte d'intelligence ambiante, avec des impératifs d'aller à l'essentiel, en entrée comme en sortie, les contorsions sont trop fortes.
Et si le fournisseur du navigateur contrôle au passage les statistiques, les modèles publicitaires ou marketing, la distribution des contenus ou leur filtrage, les marques n'y trouvent plus leur compte et tentent de s'en affranchir.
Ainsi, les assistants personnels soulèvent-ils la problématique du contrôle des recettes publicitaires et de la marge sur les applications et contenus diffusés. Auparavant assez facile (des coupures publicitaires gérées par les chaines, produits pour les marques par des agences et relais identifiés), le modèle s'est extrêmement complexifié. Dans le cas d'Apple, par exemple: régie iAD imposée, des apps TV ou Youtube (régie Google) contenant des pub iAD ou des liens Adwords et des recettes pour les chaines, ou des émissions visionnées dans un navigateur Safari ou Chrome qui ont leur propre modèle économique, etc.
Nous présenterons ces enjeux et débattrons de l'impact pour les marques lors des 3e Rencontres Bug Lab, le mardi 11 décembre prochain à Paris. Programme et modalités d'inscription...
Les innovations de rupture transforment en profondeur les modèles économiques, marketing, organisationnels, et relationnels des entreprises et de leurs porte-paroles.
La marque doit se réinventer.
Conçue à l'origine pour être vue d'une distance raisonnable par des humains, appliquée à des produits dont la qualité était évidente, elle est désormais interprétée par des machines qui la décodent pêle-mêle aussi bien pour d'autres dispositifs que pour les collaborateurs, consommateurs, relais d'opinions, chasseurs d'enjeux et partenaires, concurrents; de très près à très loin, dans toutes les langues, tous les contextes, en mode synchrone ou asynchrone. Cela change tout: identité, design, packaging, merchandising, formulation et transmission de son ambition, de ses missions, de ses attributs.
La démarche s'inverse grâce à des nouvelles techniques: au lieu d'affirmer ses valeurs, la marque peut les exprimer en fonction des attentes de ses cibles. Elle peut aussi s'adapter à ce bouleversement qu'est le passage du cycle "création, production, communication" à celui de "communication, création, production".
Et pour exister, elle doit avoir préparé le terrain numérique.
Ainsi, à la fois outils, messages, et territoires de communication, les innovations de rupture nécessitent une approche spécifique, temps réel, pour étudier leurs impacts et adapter en permanence les flux aux nouveaux dispositifs et techniques qui émergent.
Pour accompagner la marque dans cette transformation radicale, au lieu d'études et de groupes de réflexion, limités et mal adaptés aux environnements mouvants, le plus efficace est de disposer de preuves de concept, de scénarios, d'ateliers et de conférences, soutenus par un cercle vertueux de communication et d'attraction interne et public, alimentant la pensée et faisant naitre les idées.
L'observatoire Tebaldo intègre cette méthodologie unique dans les projets qu'il accompagne, à l'instar de Bug Lab, laboratoire expérimental autour de la marque, qu'il a créé et accompagne pour l'agence Bug. Ses 2e Rencontres sur le sujet auront lieu le 2 octobre prochain, à Paris. Programme préliminaire...
Du 13 septembre au 20 octobre prochain à Lyon, dans le cadre de l'exposition qui lui est consacrée par la Galerie 33, l'artiste plasticienne Régine Gaud présentera une série limitée associant papier classique et réalité augmentée.
Ces œuvres sont produites en collaboration avec Galarno à l'aide de techniques intégrées par Tebaldo et Œuf Carré pour les réalisations Box et Paper Toy des Cahiers Intempestifs.
Christine Géhin, qui par ailleurs associe artistes et technologie à une approche originale de créativité, organisera le 21 septembre, à partir de 14h30, un atelier sur l'innovation et l'art, faisant suite à ceux de Perpignan et Berlin: papier électronique, réalité augmentée, intelligence ambiante... Galerie 33, Régine Gaud, Galarno, Librecréativité, Paper Toy, Œuf Carré
Confier sa carte de crédit à une marque est chose rare, et traduit la confiance que l'on peut lui accorder. C'est ce que beaucoup d'entre nous ont fait avec Apple, Amazon et Google plus récemment. Dans une moindre mesure avec Skype, le montant étant limité et l'achat réservé aux seules unités de téléphone, ou avec Paypal, encore très lié aux systèmes bancaires.
Sans ID pour les compagnies de train, d'avion, banque, ou magasins préférés, il faut utiliser une carte de crédit, et passer par de fastidieuses et répétitives saisies d'informations et de préférences.
L'enjeu est colossal, car les groupes qui maitrisent ce moyen unique d'identification, d'authentification, de transaction en un clic, peuvent vendre ce qu'ils veulent, dans des boutiques réelles comme virtuelles (quelquefois les deux combinées, voir Apple), qu'elles soient les leurs ou celles de partenaires (Google et Wallmart), et dans le monde entier. Des boutiques colossales, de plusieurs dizaines, voire de centaines de millions de clients, se sont ainsi constituées.
Dernier en date, le Japonais Rakuten, déjà investisseur dans Buy.com, Priceminister, et Kobo (le catalogue de poche), vient d'injecter 100 millions de dollars dans Pinterest, le réseau de partage, promoteur de produits par tacite recommandation. La stratégie est claire: faire exploser son nombre d'IDs déjà de 80 millions pour le seul Japon.
Demain, comme c'est le cas aujourd'hui pour les cartes, nous n'aurons pas 36 IDs. Cinq, tout au plus, pour acheter et vendre n'importe quel bien ou service. Tout l'enjeu des marques est d'en proposer un ou de faire partie des réseaux de celles qui en fournissent. Et pour cela, il faut que tout soit parfait, de la confiance inspirée aux systèmes réels et virtuels, infaillibles, de gestion et d'assistance en nuage. La bataille des IDs ne fait que commencer. Facebook (Instagram) et son milliard de clients, LinkedIn et Twitter devraient être les nouveaux entrants.
Nous avons parlé de tout cela lors des Rencontres BugLab Tebaldo du 3 juillet dernier à Paris.
Grâce aux nouveaux médias, cette œuvre de Régine Gaud, "Billets doux", faite de 300 billets de train, voyage dans le monde entier. La voici, accompagnée par un texte original de Christophe Eloy et Etienne Magnin:
Billets d’où ? Billets de chaque jour, billets pour partout. S’avance une robe voyage, une robe de 300 billets, une robe de 300 morceaux de vie trouée, aérée, allégée, compostée. 300 départs pour les rencontres, pour le travail, ou pour les rendez-vous.
Prends gare, voyageuse, prends garde : quand tu achètes un billet de train, tu ne fais pas n’importe quoi. D‘abord, de ce voyage attendu, tu t’en-robes de plaisir.
Puis, dans ce petit carton de visible gris, tu compostes de l’invisible, trouant ton billet d’avenir et de dentelles du temps. Tu changes un petit morceau des choses contre la peau du monde. Tu changes de décor, tu changes d’encore, tu quittes le même pour de l’ailleurs. Tu changes ton intérieur, ton inertie, pour du mouvement, pour l’extérieur.
Tu vas et viens, tu vires. Tu vas du dedans au dehors.
Tout voir sous l’angle de la ductilité, sur l’étirement plastique de ta vie. Le voyage t’épand, t’épand, t’épand, t’étend, t’étend, t’étire, t’étire, t’étire, te meut, te meut, te meut, te moud, te moud, te moud. T’épure, te pulse. Te tend vers des attentes informées, ou te laisse enfin vague sur des quais vacants. Vague, onde, fluidité, mouvement. Forme instable, changeante, forme signifiante. Porte, emporte ta robe-programme, signalétique du plein et du lié.
Vas avec cette robe dire la saturation du sens et l’insatiabilité des sens. Va porter l’ennui des adieux et la fraîcheur des renouveaux. Épuise la logique de la raréfaction et celle du vide. Épouse la dialectique de l’échange.
Texte à deux voix (ferrées) de Christophe Eloy et d’Etienne Magnin
Extraits de Tous les possibles (C. Eloy)
[...] Il y a ce réseau ferroviaire qui enserre la planète et vous aurez souvent l’impression que c’est sur votre crâne qu’il vient poser ses griffes.
Ces pensées qui sillonnent, sans jamais un instant de répit, l’immense réseau de votre cerveau.
Vous penserez souvent à cette correspondance : les trains comme les pensées repassent sur les mêmes voies aux mêmes heures.
***
Vous filerez à Pékin. Là-bas, vous vous préoccuperez aussitôt du retour. Vous demanderez donc un billet pour l’Estoque. Vous réitérerez votre demande jusqu’au moment ou un guichetier chinois avec un fort accent provençal vous proposera :
– Estaque-Ville ou Estaque-Plage ?
Tant que cette occurrence ne se sera pas produite, pas d’entourloupe, vous resterez sur place.
L’Artiste : Régine Gaud Responsable technique : Marie-Anaïs Cailleaux Texteurs, phraseurs et autres gribouilleurs : Christophe Eloy, Etienne Magnin Modèle : Aurélia Bonaque-Ferrat Idée de départ : Alain Snyers
La stratégie de marque d'Apple a toujours été un cas d'école. Alors que les concurrents lançaient des Rumeur chez LG, Curve et Storm chez RIM, Instinct et Cleo chez Samsung, Steve Jobs choisissait iPhone, qui est devenu ce que l'on sait. S'ensuivit l'iPad, décliné par des numéros, et désormais "le nouvel iPad", qui crée une dénomination inversée de la gamme. Dans le même temps, sortent des Eee Pad Transformer Prime chez Asus, Tablet P et S chez Sony, Galaxy Tab et Note chez Samsung, etc.
Grande crainte des communicants, l'effet Kleenex n'est pas non plus à redouter par Apple (il existe déjà, des clients demandant si l'iPhone est compatible avec un MacBook). "Le nouvel iPad", approche mnémonique qu'autorisent les nouveaux médias, amènera le consommateur directement au bon produit, grâce au jeu de l'indexation et de la notoriété de la marque.
Nicolas Sarkozy ouvre aujourd'hui un compte Twitter avant même sa candidature. Lancé à 8h14, plus de 7000 followers s'y étaient inscrits à 9h00. Comme pour Barack Obama, l'utilisation des initiales NS signifierait qu'il écrit lui-même. Nous verrons bien.
Mais le plus symbolique n'est pas là: Twitter, créé en mars 2006, dame le pion, et avec 12 heures d'avance, à la plus ancienne chaine de télévision de France, TF1 (Radiovision-PTT), créée en 1935; et la majorité des "téléspectateurs" lisent sur leur mobile et non devant leur poste de télévision.
Depuis Barack Obama (très actif aussi sur Google Plus...) et sa stratégie de micro-écoute de l'électeur, la communication politique s'est décidément trouvée un média de poids.
Le Product Lifecycle Management (PLM) est profondément transformé par les nouveaux cycles de conception commercialisation et par des approches d'étude/consulting à base de preuves de concept. Il va l'être plus encore par la prise en compte, dans les gènes de tout produit, d'éléments numériques indispensables à sa commercialisation, son information, sa modification même, en fonction du contexte et de ses consommateurs. La suite ici...
Peugeot a suivi une approche très innovante, basée sur les réseaux sociaux, dans la phase de conception et de lancement de son nouveau modèle 208. Les fans de la marque ont été mis très tôt en relation avec les designers, une communauté est sollicitée en permanence, et de tous ces échanges ressortent des mots-clés, ensuite achetés sur des services publicitaires comme ceux de Google. L'Internet permet ainsi de faciliter et d'accélérer un processus assez classique, et d'en augmenter la portée.
Mais on peut faire plus avec l'Internet et ses flux. Une autre approche est possible, indépendante de la marque, pour assurer le recueil d'avis et l'attraction de consommateurs et de relais d'opinion pour la plupart inconnus ou non encore touchés. Elle consiste à propager dans les bons territoires des sortes de phéromones virtuelles, dont les vecteurs et les ingrédients sont créés et modulés en fonction de leurs effets, et basés, non sur des messages conçus par l'émetteur (serait-ce après étude), mais par ceux dont on analyse en temps réel qu'ils fonctionnent sur les cibles et leurs tiers de confiance.
Pour en savoir plus sur cette méthodologie, ne pas hésiter à écrire à Bruno Rives, c'est son dada.
Depuis le début des années 2000 le Japon a compris que l'un des enjeux majeurs du numérique allait être de relier le monde réel au monde virtuel. Regarder un produit et en connaitre immédiatement les composants; admirer une montagne et voir apparaitre en superposition une estampe qu'en a fait un artiste renommé, etc.
Pour ce faire, le code à barres 2D ou code QR imprimé sur une affiche, catalogue ou un emballage, ou sculpté dans le sol, permet par le truchement d'une simple caméra de faire apparaitre sur l'écran d'un ordinateur ou d'un mobile des compléments d'information.
Depuis quelques mois, au lieu de signes ou de puces intégrées aux objets, Google et certains robots intègrent comme critère de recherche l'image, laquelle, analysée et rapprochée de gigantesques bases de formes, donne accès à des informations complémentaires. Mais la difficulté vient des ressemblances, des erreurs d'interprétation. Un Soulage est plus difficile à identifier qu'un Rembrandt. Les sciences cognitives viennent à la rescousse, mais ne peuvent pas tout.
Aujourd'hui, par le biais de l'art, monde sans compromis, l'éditeur Les Cahiers Intempestifs joue avec ces concepts pour aller encore plus loin et associer des créations bien réelles et leur mise en réseau et animation par le truchement des techniques numériques. Ni code QR, ni signe particulier, ni œuvres ou produits hautement indexés. Un Papertoy est montré à une caméra, et des humeurs sont plaquées sur son visage (aléatoirement aujourd'hui, en suivant les émotions et l'intelligence ambiante demain).
L'objectif? Sans signe apparent, enrichir le monde réel des formidables possibilités et compléments du virtuel, et aussi l'inverse, pourquoi pas?
Consultation et trophée papertoy, c'est ici...
Dans la masse des concurrents de l'iPad, le modèle S de Sony provoque chez bon nombre d'entre nous l'effet Vaio. La magie opère, comme en 1998, quand l'ultra mobile nous attirait par son design (Sony avait conçu le vrai premier portable d'Apple, le Powerbook 100) et ses applications uniques. Un navigateur cross média, à la time capsule, permettait de voyager dans les contenus comme dans l'espace, ou encore le lecteur de Memory Stick intégré qui rendait transparent le passage d'une caméra à l'ordinateur, ou au mobile (au Japon); là où sur les autres systèmes, il fallait jongler ou ajouter des périphériques.
Aujourd'hui, ce sont certaines des promesses de 2003, lorsque fut démontré le premier prototype tablette de Sony, qui se concrétisent. Le modèle S intègre 17 applications maison, des fonctions de transfert direct wireless de photos et de vidéos vers une TV HD, l'échange de documents de machine à machine, la voix comme interface de recherche, accessible en permanence, des équipements spéciaux comme l'infra rouge pour piloter tout dans la maison, ou encore un lecteur de carte SD et un port USB. En mode veille, le voyant d'alimentation informe (batterie faible, messages et alertes push,...).
La tablette Sony apparait immédiatement comme un environnement de loisir culturel, d'accès aux flux réseau et de navigation Internet (dont les services Google) sans équivalent. Des talents nouveaux viennent modifier jusqu'au système d'exploitation Androïd open source, pour ajouter des fonctions essentielles.
Nous avons tous des centaines de livres, autrefois des encyclopédies, des classeurs juridiques, ou des dictionnaires, selon leur commodité immédiate, la richesse de leurs contenus, et leurs modalités d'accès à l'information; de multiples instruments de musique; jusqu'à des outils de jardin qui ont des fonctions bien spécifiques. Pourquoi n'aurions-nous pas plusieurs tablettes, dont certaines à base d'encre électronique, correspondant à des usages et des contextes différents?
Que dire sur celui qui nous a tant appris?
Steve Jobs aimait partager.
Je me souviens d'un cours particulier, croquis à l'appui, sur la révolution de l'ordinateur personnel et sa comparaison avec la dissémination des moteurs dans les usines, plutôt qu'un seul, central, prolongé par des poulies; d'un prototype de Macintosh dans l'écran duquel Alice sautait de case en case sur un échiquier en 3D, au milieu d'un bâtiment sur lequel flottait un drapeau de pirate, et Steve Jobs, à notre émerveillement, jubilait; de la signature de chacun de ses ingénieurs qu'il avait tenu à faire graver au cœur de la machine; de la sienne avec la mention manuscrite "go for it, Bruno" sur le poster de WriteNow, son traitement de texte fétiche, dont nous faisions la promotion en France; d'un bien triste après-midi, sur une péniche des bords de Seine, avec l'un des concepteurs de Macintosh qui y était venu s'isoler après que Steve Jobs eut dû partir d'Apple, et qui ne pouvait retenir ses larmes en expliquant qu'il se sentait, avec les autres créateurs de la plate-forme, comme un orphelin; de ses dernières keynotes, enfin, que nous étions des dizaines de millions à suivre sur la planète entière, et de son bonheur d'être là, de nous étonner encore et encore, soucieux jusqu'au bout de s'assurer que les soit-disant détails soient compris.
Que dire sur celui qui nous a tant appris?
Il y avait dans ses produits tellement de lui-même et de ceux qu'il entrainait dans l'aventure, que nous devenions plus créatifs, plus intelligents, plus savants. Nous avions cette reconnaissance mêlée d'admiration pour ces humanistes, et pour le premier d'entre eux, Steve Jobs, passeur de génie.
La distance de Steve Jobs s'était déjà fait sentir, si l'on en juge par les petits détails que les connaisseurs ont pu constater ces dernières semaines: iPhone 4 blanc que l'on a eu envie de rendre le premier jour (certains passionnés sont revenus au 3); AirDrop qui ne fonctionne pas sur l'un de nos deux MacBook Air sous OS Lion (des heures à comprendre ce qui se passait); l'un des deux gelant aléatoirement au démarrage (ce qui rappelle les insupportables "bombes" passées); l'attraction, telle celle pour le Vaio à laquelle les puristes n'avaient pas résisté, qui nous fait regarder aussi du coté des tablettes annoncées par Sony sur lesquelles tourne Android de Google. Le rapprochement est troublant avec la première grande période d'absence de Steve Jobs (1985-1996), qui avait incité plus d'un fanatique de la marque à la quitter pour d'élégants portables sous Windows.
Apple n'est plus seulement le concepteur de logiciels et de matériels d'antan, mais avec iTunes le plus grand magasin de musique, de livres, de cours, et de films de la planète, avec iPhone le premier fabricant de smartphones, avec iPad l'inventeur du post computer. Malgré tout, son succès tient toujours à une subtile alchimie, selon la formule de Jean-Louis Gassée: "le Buddha est dans l'architecture et dans les soit-disant petits détails". La seule question est désormais de savoir si sa seule position au board va permettre à Steve Jobs de l'assurer.
ps) Cela va sans dire, nous partageons l'extrême déchirement de Steve Jobs d'avoir eu à démissionner du poste de CEO d'Apple et les souvenirs qui ne cessent de revenir à l'esprit de ceux d'entre nous qui ont participé à cette merveilleuse aventure.
Le 22 septembre prochain après-midi, un séminaire unique est organisé à Paris pour partager la vision des groupes japonais sur les usages des assistants personnels communicants et de la robotique de nouvelle génération. NTT Docomo, les professeurs Minoru Asada et Philippe Bidaud, experts mondiaux de l'industrie et de la recherche de ces secteurs, nous feront part des opportunités et enjeux de ces marchés de demain. Le programme est consultable ici. Pas de frais de participation, mais l'inscription est obligatoire par ce formulaire en ligne.